De 1980 à aujourd’hui

Lorsque s’amorce la décennie 1980, la population de la ville de Vaudreuil dépasse pour la première fois celle de Dorion. Dans le but d’améliorer les services aux citoyens et aux entreprises, Vaudreuil et Dorion envisagent alors de regrouper certains services en régies. C’est ainsi que naîtront les régies pour la bibliothèque, la sécurité publique et l’épuration des eaux. Ces démarches de regroupement de services ouvriront la voie à la fusion de 1994.

En effet, dès le tournant de la décennie 1990, les pourparlers entourant une éventuelle fusion entre Vaudreuil et Dorion s’intensifient. « Je me rappelle que, dans les années 1960-1970, mon père a cumu­lé trois mandats à titre de conseiller. Déjà à cette époque, on parlait de la fusion. Ça a toujours été dans l’air », indique François Séguin, élu pour la première fois au conseil municipal de Vaudreuil en 1991.

À l’époque, la ville de Dorion jouissait d’un pôle économique dynamique sur le boulevard Harwood. Toutefois, le parc immobilier du territoire était réduit, restreignant toute possibilité d’expansion. De plus, le faible taux de croissance de la population augmentait le fardeau financier de la municipalité.

Après de longues discussions entre les deux municipales, Dorion a tout juste le temps de célébrer ses 100 ans d’existence avant la fusion.

Le 16 mars 1994, le maire de Dorion, Jean Lemaire, et la mairesse de Vaudreuil, Monique Richardson, deviennent les artisans de la fusion et s’unissent pour mieux prospérer : la nouvelle ville de Vaudreuil-Dorion fait son apparition sur la carte du Québec. Un nouveau pôle économique régional est créé. L’entité administrative issue de la fusion de Vaudreuil et de Dorion joue, depuis, le rôle officieux de capitale, ou chef-lieu, de la région de Vaudreuil-Soulanges.

Une nouvelle ère de prospérité s’amorce au tournant du xixe siècle. Rappelons qu’au début de la décennie 2000, la croissance démographique de Vaudreuil-Dorion figure parmi les plus performantes au Québec, ayant même été championne provinciale deux années de suite.

Cette augmentation fulgurante s’explique aussi par le fait que la ville est assurément la plus multiculturelle des municipalités vaudreuil-soulangeoises. Effectivement, le nombre de citoyens n’ayant pas le français ni l’anglais comme langue maternelle a doublé de 2006 à 2011, passant de 2110 à 4240. Devant ce déferlement populationnel, la Ville de Vaudreuil-Dorion, en 2010, a pris les rênes de son développement. En lançant le projet de médiation culturelle « Je suis… », elle désirait créer une fierté et un sentiment d’appartenance autour de la nouvelle ville, entraînant dans son sillage les résidents de la région.

Les années 2000 marquent également le dévelop­pement rapide de la communauté d’affaires.

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L’autoroute 30 est devenue un axe de développement. Photo Daniel Cuillerier

 

La nouvelle Chambre de commerce et d’indus­trie de Vaudreuil-Dorion (CCIVD), lancée en 1988, mobilisera ses membres autour de projets structurants. Après avoir célébré en grand son quart de siècle en 2013, la CCIVD s’étend pour devenir la Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Soulanges. Cet agrandissement de territoire lui permet, de par la nouvelle composition de son conseil d’administration, où siègent entre autres les présidents des associations de gens d’affaires de la région (AGAIP, AGAS, AGASL, AGAR, AGAVS), de comprendre l’environnement avec lequel les entreprises devront compo­ser dans l’avenir.

En décembre 2012, l’ouverture de la nouvelle auto­route 30 permet de rapprocher les MRC de Vaudreuil-Soulanges, de Beauharnois-Salaberry et de Roussillon. Une nouvelle entité géogra­phique est créée, favorisant les échanges commerciaux et augmentant le bassin de clientèle pour les entreprises. Le parachèvement de l’auto­route 30 et la création, en 2014, d’un terminal intermodal par CSX à Salaberry-de-Valleyfield poussent certains acteurs économiques et politiques de Vaudreuil-Soulanges à militer pour l’implan­ta­tion, dans la région, d’un pôle logistique national axé sur l’intermodalité.

En parallèle avec la prospérité et le déve­lop­pement économique, les citoyens de la région, bien enracinés dans leur milieu, se mobilisent pour se doter d’institutions structurantes pour leur avenir. Le comité des citoyens pour l’hôpital multiplie les actions pour que la population soit mieux desservie en matière de soins de santé.

Bref, l’histoire de Vaudreuil-Soulanges, bien que guidée par la situation géographique de la région, aura été tracée par ceux et celles qui ont eu à cœur le dynamisme régional et le bien-être de la communauté. Forte d’un sentiment d’appartenance forgé au fil des décennies, la région de Vaudreuil-Soulanges est, aujourd’hui, résolument tournée vers l’avenir.