La décennie 1970 : consolider les forces régionales

Au tournant de la décennie 1970, il est facile de noter de manière concrète les retombées de la Révolution tranquille amorcée dans la décennie précédente. Avec le développement des banlieues qui s’intensifie et l’enrichissement de la classe moyenne, plusieurs citoyens sont en mesure de se procurer des biens de consommation de luxe, comme une voiture. Les changements de mentalité qui s’opèrent influencent les axes de déve­lop­pement priorisés par les décideurs.

La création de grands axes routiers qui traversent la province crée un contexte favorable au phénomène de l’étalement urbain autour des auto­routes. La région de Vaudreuil-Soulanges va grandement profiter de cette nouvelle situation et verra sa population augmenter considérablement. Dans le journal L’Étoile du 18 mars 1970, deux pages complètes abordent le développement du réseau routier et ses répercussions dans la région. On parle entre autres de l’augmentation consi­dé­rable de la circulation à la frontière Québec-Ontario, dans le secteur de Rivière-Beaudette et de Pointe-Fortune. On parle également de toutes les industries lourdes et légères et des centres commerciaux qui se développent grâce aux axes de circulation.

Dans le même numéro du journal L’Étoile, des articles­ parlent d’un projet résidentiel nommé Habitation­ Vaudreuil. Ce type d’ensemble résidentiel est typique de l’époque. Dans le texte, on le présente comme un symbole de la croissance régionale et on y vante d’ailleurs la proximité de l’autoroute Transcanadienne. Il est écrit : « Habitation Vaudreuil se situe dans le cadre du développement extra­or­di­naire de notre région. À tous ceux qui participent à notre essor industriel et commercial, il offre un cadre de vie agréable et toutes les facilités de la société moderne. »

Au tournant de la décennie 1970, les administrateurs municipaux de la ville de Vaudreuil voient poindre le développement qui gagne l’Ouest-de-l’Île. « Dès la fin des années 1960, nous savions que notre région allait être appelée à se développer de manière accélérée dans les années à venir, et nous souhaitions préparer le terrain. Nous sommes donc allés chercher un ingénieur renommé, qui était originaire d’ici, pour guider le développement des infrastructures comme l’aqueduc et les égouts. Il s’agit de Laurent Thauvette. Il a été l’un des maîtres d’œuvre du développement local », indique Georges Lefebvre, maire de Vaudreuil de 1973 à 1977.

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Dès 1970, on évalue positivement les retombées économiques du développement du réseau autoroutier dans Vaudreuil-Soulanges. Hebdos du Suroît

Le rayonnement de la région et le développement réfléchi et rigoureux des infrastructures permettront entre autres d’attirer des investisseurs  majeurs­, comme le groupe Hoffman-La Roche, qui procédera à la construction de la tour du 1000, avenue­ Saint-Charles.

À la fin de la décennie 1970, la communauté d’affaires régionale se réunit et crée la première chambre de commerce. À ses débuts, elle s’activera surtout à développer l’industrie touristique. En 1978, la chambre de commerce ouvre un kiosque d’informations en bordure de l’auto­route 40. Après un an d’activité, un journaliste de L’Étoile trace le bilan des retombées du kiosque : 2000 visiteurs s’y sont arrêtés, dont un citoyen de Tokyo, ce qui a fortement impressionné la population locale.

En 1980, la communauté d’affaires poursuit dans cette foulée et crée une carte touristique de la région. « Il s’agit d’une première dans la région et il semble évident que ce sont tous les commer­çants du comté qui profiteront d’une telle initiative. Plus il y aura de touristes, plus ils s’arrêteront chez nous et plus ils encourageront notre économie régionale », peut-on lire dans le journal L’Étoile.

Si la décennie 1980 se déroule sous le signe du ralentissement économique, la communauté d’affaires ne perdra pas son enthousiasme et son dyna­misme et poursuivra sans relâche le développement de l’économie régionale.

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