Les influences de Vaudreuil-Soulanges

L’histoire de Vaudreuil-Soulanges a certes été influencée par le caractère stratégique de sa position géographique. Ces facteurs ont tôt fait de convaincre les entrepreneurs et décideurs locaux de la pertinence d’unir leur force afin de concurrencer les voisins, qu’ils soient métropolitains
ou Ontariens.

L’une des premières preuves récentes d’une mise en commun est certainement la fusion politique de Dorion et de Vaudreuil en 1994. L’entité issue de la fusion, Vaudreuil-Dorion, est aujourd’hui la plus considérable municipalité de Vaudreuil-Soulanges. Or, rien ne le laissait présager dans les années avant le changement.

En effet, dès le tournant de la décennie 1990, les pourparlers entourant une éventuelle fusion entre Vaudreuil et Dorion s’intensifient. « Je me rappelle que dans les années 1960-1970, mon père a cumulé trois mandats à titre de conseiller. Déjà à cette époque, on parlait de la fusion. Ça a toujours été dans l’air », indique François Séguin, élu pour la première fois au conseil municipal de Vaudreuil en 1991.

À l’époque, la ville de Dorion jouissait d’un pôle économique dynamique sur le boulevard Harwood. Toutefois, le parc immobilier du territoire était réduit, diminuant toute possibilité d’expansion. De plus, le faible taux de croissance de la population augmentait le fardeau financier de la municipalité.

Après de longues discussions entre les deux administrations municipales, Dorion a tout juste le temps de célébrer ses 100 ans d’existence avant la fusion.

Le 16 mars 1994, le maire de Dorion, Jean Lemaire et la mairesse de Vaudreuil, Monique Richardson, deviennent les artisans de la fusion de leurs municipalités et s’unissent pour mieux prospérer : la nouvelle ville de Vaudreuil-Dorion fait son apparition sur la carte du Québec. Un nouveau pôle économique régional se créer.

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La nouvelle autoroute 30 relie les MRC de Vaudreuil-Soulanges, de Beauharnois-Salaberry et de Roussillon. Photothèque

Développement économique

Le caractère quasi insulaire de la région de Vaudreuil-Soulanges a aussi eu son impact sur le développement d’une communauté d’affaires unie et tissée serrée alors qu’elle doit faire face à de nombreux défis.

En 1988, la nouvelle Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Dorion (CCIVD)  est lancée. Cette dernière mobilisera ses membres autour de projets structurants. Après avoir célébré en grande pompe son quart de siècle en 2013, la CCIVD s’étend pour devenir la Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Soulanges. Cet agrandissement de territoire lui permet, de par la nouvelle composition du conseil d’administration, où siègent entre autres les présidents des associations de gens d’affaires de la région (AGAIP, AGAS, AGASL, AGAR, AGAVS), de comprendre l’environnement avec lequel les entreprises devront composer dans l’avenir.

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La Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Soulanges a pris le relais de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Dorion en 2013. Photothèque

L’AGAS en bref

Le sentiment d’appartenance des gens de Soulanges a longtemps été confus, voire divisé entre Vaudreuil-Dorion et Salaberry-de-Valleyfield. De plus, à l’intérieur de la grande dénomination montérégienne, Soulanges demeure méconnu. Dans ce contexte, la présence de l’Association des gens d’affaires de Soulanges (AGAS) ponctue positivement l’histoire soulangeoise, et ce, depuis maintenant deux décennies.

En 1990, la région de Soulanges était prise en étau entre deux pôles importants : les villes de Vaudreuil-Dorion et de Salaberry-de-Valleyfield. À l’époque, Soulanges incluait les municipalités de Coteau-Landing, Coteau-Station, Coteau-du-Lac, Saint-Zotique, Saint-Clet, Saint-Polycarpe, Saint-Télesphore, Les Cèdres et Pointe-des-Cascades. D’un côté, la région appartenait au comté provincial de Salaberry-de-Valleyfield, puis de l’autre, au comté fédéral ainsi qu’à la MRC de Vaudreuil-Soulanges.

Par conséquent, les décisions qui affectaient les Soulangeois parvenaient soit de Vaudreuil ou de Salaberry-de-Valleyfield; une double juridiction qui noyait l’identité soulangeoise. Sur le terrain, il n’existait aucune voix commune pour défendre les intérêts régionaux et les citoyens.

Malgré tout, les citoyens tenaient à mettre ne place des outils concrets pour assurer le dynamisme et l’unicité de leur milieu. Que ce soit par ses plans d’eau, ses chemins de fer ou ses routes, Soulanges se révèle depuis toujours un carrefour du transport et un créneau agricole de qualité.

L’idée s’est donc mise à germer dans l’esprit de la collectivité.

De bouche à oreille, des citoyens de Soulanges ont propagé l’idée. Le 6 novembre 1991, plus de 100 Soulangeois de toutes les municipalités se sont réunis au Club de golf de Saint-Polycarpe.

Le journal L’Étoile du 14 novembre 1991 relate l’événement dans un article intitulé : Soulanges se regroupe : l’AGAS est née! On y apprend que l’énergie et le dynamisme de l’assemblée étaient à son comble, et que des allocutions de Jean-Paul Régis, directeur de la Commission scolaire de Soulanges, de Richard Sauvé, président de l’AGAV, de Gilles Bissonnette, du CDEVS et de Vianney Lalonde, commerçant bien connu de la région, ont permis d’établir l’importance de la création d’un regroupement de gens d’affaires.

L’AGAS voyait le jour

Une décision politique et économique ouvre aujourd’hui la voie à nouvelle phase du développement de la région qui passera certainement par la force de l’union. En effet, en décembre 2012, l’ouverture de la nouvelle autoroute 30 permet de rapprocher les MRC de Vaudreuil-Soulanges, de Beauharnois-Salaberry et de Roussillon. Une nouvelle entité géographie se créer, favorisant les échanges commerciaux et augmentant le bassin de clientèle pour les entreprises. Le parachèvement de l’autoroute 30 et la création, en 2014, d’un terminal intermodal par CSX à Salaberry-de-Valleyfield, poussent certains acteurs économiques et politiques de Vaudreuil-Soulanges à attendre avec impatience l’implan­tation, dans la région, du Pôle logistique national axé sur l’intermodalité.